Vers un système de « crédit social » en Chine : « Bienvenue à Gattaca » !

Concept de société harmonieuse, « note sociale » rendue publique, disparition de l’anonymat sur internet  : 

Fondé sur la devise « Once untrustworthy always restricted », le système de « crédit social », qui doit être progressivement mis en place jusqu’en 2020, conduira à attribuer aux citoyens chinois des « bons points » ou des « mauvais points » en fonction de leur comportement.

 

Ainsi, sur la base d’un algorithme dont on peut douter qu’il sera ouvert, l’achat en ligne d’un produit chinois ou la publication sur les réseaux sociaux d’une opinion politique favorable au Parti communiste chinois (PCC), par exemple, augmenteront le score du citoyen, tandis que l’achat d’un produit d’origine étrangère ou la publication en ligne d’une opinion politique défavorable au PCC la feront diminuer.

 

De plus, si un citoyen entretient des relations avec un « mauvais citoyen », sa « note sociale » chutera automatiquement (A. Auger, Un système de crédit social en Chine : vers une « dictature liquide » ?, Expertises juin 2018, p.220-223).

 

Les « bons citoyens » seront récompensés par un accès simplifié aux procédures administratives, notamment pour l’obtention d’un visa ou d’un prêt, tandis que les « mauvais citoyens » verront leurs libertés limitées, tant en ce qui concerne l’accès aux transports publics, à un emploi ou à Internet, qu’en ce qui a trait à la possibilité d’effectuer un voyage en première classe ou d’inscrire leur(s) enfant(s) dans une école privée (A. Auger, art. préc.).

 

Une partie de ce système est entrée en vigueur le 1er mai 2018 : les citoyens ayant eu des comportements délictueux dans les transports ou dans le domaine fiscal sont sanctionnés par une interdiction de voyager pour une durée pouvant atteindre un an (A. Auger, art. préc.).

 

Cet ensemble s’inscrit bien évidemment dans le concept de « société harmonieuse » et dans la culture d’intégrité confucéenne.

 

Toutefois, on ne peut pas manquer d’observer qu’il n’a jamais pu être aussi attentatoire aux libertés que grâce à la technologie et, surtout, à l’usage qui en est fait par le gouvernement chinois. On peut même observer qu’à la différence du dossier individuel de l’époque maoïste, qui était confidentiel, la « note sociale » sera publique.

 

Ainsi, ce système utilisera « l’architecture d’Internet» tout en mettant à mal un de ses principes majeurs : l’anonymat.

 

Surtout [il] entraîner[a] la substitution à l’actuelle surveillance centralisée d’une surveillance décentralisée où tous les citoyens ordinaires seront voués à devenir, à l’instar des administrateurs de groupes sur Internet actuellement, des « cyberpoliciers ».

 

Une « dictature volontaire vient-elle de s’éveiller en Chine ? » (A. Auger, art. préc.).      

 

  Annabel QUIN,
Maître de conférences à l’Université de Bretagne-Sud
Ancienne avocat au Barreau de Paris

 Mise en ligne:  24/09/2018

 

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